Yoshua Bengio affirme que les VC et le gouvernement doivent investir dans le succès à long terme de l’AI à Montréal lors de #MTLNewTech

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Le dernier évènement de MTL NewTech fut dédié à l’intelligence artificielle (IA), qui est sur toutes les lèvres depuis quelque temps. L’organisation sans but lucratif, qui vise à stimuler l’écosystème montréalais en donnant l’opportunité à des entrepreneurs de présenter leur startup, a réuni pour l’occasion de grands noms de l’IA : Yoshua Bengio, cofondateur d’Element AI – une plateforme qui vise à intégrer des solutions d’IA au sein d’entreprises –, directeur de l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal (MILA) et de la programmation scientifique d’IVADO; et Shibl Mourad, directeur de Google Montréal.

Interrogé sur l’état de la recherche actuelle en traitement du langage naturel, Yoshua Bengio prit d’abord la parole. «Tout d’abord, je pense que ce que nous avons est loin d’être satisfaisant. […] La bonne nouvelle est que la recherche dans ce domaine évolue très rapidement et que c’est l’un des domaines de recherche les plus dynamiques en apprentissage profond ». Il a également souligné que « Google Translate utilise les réseaux neuronaux et des idées qui ont été développés ici à Montréal chez MILA il y a quelques années de cela ».

La discussion a ensuite porté sur l’importance des données ouvertes en IA. « Il y a effectivement beaucoup d’efforts qui proviennent de sociétés telles que Google, Microsoft, Facebook, qui donnent accès à des ensembles de données, déclare Bengio. […] Beaucoup de ces entreprises investissent dans ces ensembles de données à des fins de recherche, sachant que ce n’est pas seulement pour leur bénéfice, mais aussi pour celui de la communauté ».

«Il y a quelques années, le VC avait le pouvoir, poursuit Mourad. Je pense qu’aujourd’hui, le pouvoir est dans le cerveau et le talent ».   – Shibl Mourad, directeur de Google Montréal.

Alors que l’on porte de plus en plus attention à l’écosystème montréalais en matière d’IA, plusieurs points importants de la causerie ont porté sur la position de Montréal en comparaison au reste du Canada et du monde. « Je pense que nous commercialisons les bonnes choses ici à Montréal et au Canada en général, en essayant de tirer parti de l’actif total que nous avons en AI pour bâtir l’économie, pour faire du pays un chef de file non seulement en sciences mais aussi en innovation, exprime Bengio. Nous avons le potentiel de le faire et j’entends le gouvernement dire qu’il y prête attention. J’espère qu’il y aura plus de changements dans cette direction au cours des prochains mois et des prochaines années. »

Alors que Mourad avance que beaucoup de gens présents dans la salle sont probablement responsables de la réputation de Montréal comme hub en apprentissage automatique, il pose la question de la promotion des talents en dehors de la communauté technologique insulaire. « La question est : pouvons-nous faire quelque chose afin d’avoir un impact économique important pour le Québec en entier et faire en sorte que lorsqu’une entreprise veut s’établir ici, elle dispose de la meilleure équipe ? ».

Pour que cela se produise, une partie de la solution se trouve dans notre écosystème de startups. « Toutes ces entreprises [Google, Facebook, Uber] ont commencé en étant des startups, explique Mourad. […] C’est quelque chose que nous devons faire mieux à Montréal, nous devrions avoir de plus grandes ambitions. Nous allons avoir le prochain Uber ! ».

Mais la collaboration commence par les grandes entreprises – et le gouvernement – qui doivent acheter les produits des startups. Pour que Montréal gagne en IA au cours de la prochaine décennie, les investisseurs et le gouvernement doivent investir vers l’introduction en bourse, et non vers la sortie. « Les investisseurs sont prêts à mettre de l’argent pour rester ici à Montréal. Ils se rendent compte qu’il y a ce hub et ils veulent en faire partie ! Ils comprennent que s’ils veulent jouer le jeu, ils doivent investir ici. Cela change l’écosystème d’investissement », exprime Bengio.

«Il y a quelques années, le VC avait le pouvoir, poursuit Mourad. Je pense qu’aujourd’hui, le pouvoir est dans le cerveau et le talent ».

Il faut aussi que des gens à la fibre entrepreneuriale se joignent à des chercheurs scientifiques. « Nous devons essayer par tous les moyens possibles de partager le savoir, dit Bengio. Nous n’avons pas besoin que toute l’expertise soit dans les mains des doctorants, nous devons être créatifs dans la façon de former plus de gens ».

Mourad ajoute que la construction d’un hub d’IA ne repose pas seulement entre les mains des chercheurs. Nous devons aussi créer des équipes qui comprennent des gens pouvant apporter des perspectives différentes à l’IA. «Ce qu’il faut retenir, c’est que pour construire une économie forte à partir de l’apprentissage automatique, nous avons besoin de gens qui non seulement savent comment faire de l’IA, mais ce qu’il faut en faire, ajoute Mourad […] Le paysage montréalais a beaucoup changé […] Les petits événements, un par un, ont réellement un impact, et les gens vont se connecter ».

Trois sujets de recherches d’étudiants qui travaillent pour MILA furent ensuite vulgarisés à l’audience, en concordance avec la nouvelle mission de MTL NewTech qui est d’en favoriser l’accès aux résultats. Vincent Dumoulin présenta ses techniques de pastiche automatique qui combinent des styles artistiques différents sur des photographies; Tegan Maharaj expliqua comment des ensembles de données et modèles permettent la compréhension vidéo; et Jose Sotelo montra comme il tente de recréer la voix humaine par ordinateur.

La rencontre s’est ensuite terminée par la brève présentation de startups : Botler, un chat bot qui facilite le processus d’immigration; C2RO une plateforme du Cloud de logiciel robotique, Mindset, un casque d’écoute comme solution alternative au TDAH; Imagia, qui utilise l’IA pour l’analyse d’images médicales; et Enkidoo, une plateforme d’outils de gestion de projets.